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Principes d'études et de dimensionnement en basse tension

Principes généraux

Le producteur effectue une demande de raccordement au gestionnaire de réseau de distribution et celui-ci émet en retour un devis de raccordement

Que les installations produisent ou consomment de l’électricité, les mêmes principes s’appliquent : d’un point de vue physique, le réseau fonctionne indistinctement dans les deux sens, en soutirage ou en injection. Cependant, les hypothèses d’études peuvent différer s’agissant d’un consommateur ou d’un producteur qui demande à se raccorder.

Cet article cherche à répondre aux questions suivantes : lors d’une demande de raccordement d’un producteur, comment le gestionnaire de réseau de distribution établit la solution technique de raccordement qui donnera ensuite lieu à un devis (proposition technique et financière) ? Quelles sont les hypothèses utilisées pour le calcul des contraintes physiques en courant et en tension ?

Pour en savoir plus :

Étude de la tension

Certaines hypothèses d’études sont statistiques et valables sur la France entière en l’absence de données mesurées

Enedis publie dans sa documentation technique de référence les hypothèses statistiques utilisées dans l’étude des flux et des contraintes. Autrement dit, ces hypothèses sont les mêmes quelles que soient la localisation et les données de terrain. Il s’agit du document Enedis-PRO-RES_43E. Toutes les études de raccordement doivent se conformer à la méthode décrite.

Les principales hypothèses sont les suivantes :

  • la charge (consommation) du réseau utilisée pour l’étude des producteurs correspond à 20% de la charge maximale, proportion considérée comme le talon de consommation au moment de la pointe de production. La charge maximale est obtenue par le foisonnement des abonnements électriques sur chaque tronçon (voir l’article Dimensionnement en soutirage). Il s’agit donc d’une donnée théorique, non mesurée.
  • la puissance de raccordement en production considérée dans l’étude est celle qui est renseignée par le demandeur : Enedis ne réalise pas spontanément une étude à une puissance inférieure. La puissance de raccordement peut être inférieure à la puissance crête des panneaux par exemple lorsque les onduleurs ont un raccordement optimisé, charge au demandeur de ne pas confondre ces deux notions (voir l’article sur les Solutions d’intégration).
  • la puissance injectée prise en compte en présence de plusieurs producteurs sur un même réseau basse tension est la somme des puissances de raccordement. Il n’y a pas de facteur de foisonnement appliqué sur la production.
  • des hypothèses sur la tension HTA à l’arrivée sur le poste de transformation (au « primaire ») à vide (c’est-à-dire hors charge) et sur le rapport de transformation à vide des postes HTA/BT sont figées pour la France entière, malgré des différences sur le terrain.

A retenir : que l’on se place ou non dans un schéma de raccordement en autoconsommation, Enedis observe les flux physiques sur les réseaux et suppose qu’une partie de la production est consommée à hauteur de la charge minimale sur chaque tronçon de réseau qu’elle parcourt.

Résorption des contraintes

En cas de contraintes, le gestionnaire de réseau de distribution recherche la solution le plus adaptée

Lorsqu'une contrainte est détectée en études, le GRD va d'abord chercher à résoudre la contrainte d'intensité sur le transformateur le cas échéant, puis sur les câbles, et enfin la contrainte de tension.

Dans le cas d'une contrainte de tension sur le réseau (cas le plus fréquemment rencontré), le GRD va tenter de résoudre la contrainte en appliquant successivement les solutions suivantes:

  1. Augmenter la section des câbles des tronçons en partant du point de livraison du producteur et en remontant progressivement vers le poste
  2. Muter le poste de transformation (changer le transformateur en gardant le même poste)
  3. Créer un départ dédié au poste HTA/BT existant (tirer une nouvelle ligne du poste)
  4. Créer un nouveau poste HTA/BT
  5. Renforcer la ligne HTA.

Des exceptions à cette règle peuvent être nécessaires pour des raisons de cohérence du réseau. Par exemple lorsque que l'application de la première étape est impossible si elle engendre des sections accroissantes sur le réseau: les sections doivent être décroissantes de l'amont vers l'aval ou constantes. Autrement dit, si la ligne concernée est de section 70 mm2 ou inférieure au départ du poste, alors le tronçon où souhaite se raccorder le producteur ne pourra pas être changé pour une section supérieure (150 mm 2 par exemple) et il conviendra de changer la section des tronçons en partant du poste.

État du réseau avant le raccordement

Le gestionnaire de réseau garantit au producteur un état initial propre de toute contrainte

Lorsque le producteur fait une demande de raccordement, Enedis doit en premier lieu s’assurer qu’avant le raccordement du producteur il n’y avait ni contrainte de courant, ni contrainte de tension haute ou basse. Dans le cas inverse, Enedis s’engage à étudier le raccordement du producteur en tenant compte des travaux nécessaires pour résorber cette contrainte sans que ces travaux soient portés à la charge du producteur.

Extrait de la Enedis-PRO-RES_43E-V4, 6.2.3 Etude de raccordement d’un Site producteur :

" Les travaux pour lever des contraintes qui préexistent (dues à des consommateurs ou des producteurs existants) ne doivent pas être mis à la charge de l’opération de raccordement. Dans le cadre de l’étude, c’est à partir d’une situation remise à niveau par rapport aux seuils définis […] que la solution de référence est déterminée." (,).

Raccordement en autoconsommation avec surplus

Le producteur a la responsabilité de déclarer une puissance de raccordement adéquate

Lorsque le producteur effectue une demande de raccordement pour une installation en autoconsommation avec surplus c’est qu’il n’a pas la garantie de consommer sur le site l’intégralité de la production. Il va donc remplir une demande de raccordement pour une puissance de raccordement non nulle.

Deux cas de figures peuvent se présenter :

  1. La puissance de raccordement est inférieure à la puissance installée des onduleurs : c’est le cas lorsque le talon de consommation en période de production est systématiquement non nul (une étude des consommations existantes ou une modélisation des consommations futures est nécessaire dans ce cas), le site est équipé de stockage, et/ou en présence d’un système de pilotage permet d’écrêter la production.
  2. La puissance de raccordement est égale à la puissance installée des onduleurs : en l’absence de stockage ou de tout moyen actif de pilotage, lorsque la consommation sur le site est très intermittente (équipement scolaire par exemple), l’injection de la totalité de la production est à prévoir. Même si celle-ci n’a lieu que quelques heures par an, le producteur doit déclarer la puissance maximale injectée en puissance de raccordement.

C’est le producteur qui est le seul responsable de la puissance de raccordement demandée et déclarée. Lors du raccordement, il s’engage auprès du gestionnaire de réseau à ne pas la dépasser. Le gestionnaire de réseau peut d’ailleurs demander une preuve de moyens au producteur dans le cas où la puissance de raccordement est très inférieure à la puissance installée des onduleurs.

Pour un rappel des différents schémas de raccordement, voir la rubrique Schémas de raccordement.

Raccordement des installations > 120KVA

La norme impose un départ dédié pour toute installation (consommation ou production) de puissance supérieure à 120kVA

Entre 120 et 250kVA (limite du raccordement en basse tension), la norme NFC14-100 impose que chaque utilisateur ait son propre départ, qu’on appelle alors « départ dédié ». En effet, pour ces dérivations individuelles les équipements de protection sont calibrés à 400A, soit le même calibre que la protection qu’en tête du départ : en cas déclenchement, l’un ou l’autre des appareils de protection peuvent s’ouvrir. Si d’autres utilisateurs sont situés sur le départ, le risque serait de les couper d’électricité en cas de défaut lié à l’utilisateur dont la puissance est supérieure à 120kVA. Pour éviter cette situation, ces utilisateurs doivent donc être seul sur leur départ.

Le dimensionnement de la solution de raccordement d’un producteur doit être suffisant pour ne pas générer de contraintes

Lors de chaque demande de raccordement, les gestionnaires de réseau de distribution étudient la solution de raccordement dite « de référence » (arrêté du 28 août 2007), c’est-à-dire celle qui est « nécessaire et suffisante pour satisfaire l’évacuation » de l’électricité et « conforme » aux règles du gestionnaire de réseau (voir article Contribution des utilisateurs aux coûts de raccordement – Cadre Légal).

L'étude technique va permettre d'identifier si des ouvrages d'extension et/ou de renforcement seront nécessaires. Elle suit les grandes étapes suivantes :

  • étude physique des contraintes (intensité et tension) et application de marges de tension liées au réseau HTA et au poste HTA/BT
  • application des gabarits de câbles et postes HTA/BT
  • optimisation du tracé en fonction du découpage parcellaire, le cas échéant
  • prise en compte d’autres éléments liés notamment au cahier des charges de concession (par exemple, l’enfouissement systématique en centre bourg), le cas échéant.

L’étude technique est réalisée suivant un ensemble de règles publiées par Enedis

Les paragraphes suivants décrivent les principaux éléments de réalisation de l’étude par Enedis, sur la base des règles publiées par le GRD (Documentation technique de référence - DTR), rassemblées dans le document Enedis-PRO-RES_43E. La version actuelle est la 5, disponible en ligne :
Concernant les autres GRD (5% du territoire métropolitain), les pratiques peuvent différer de celles d’Enedis. La CRÉ tient à jour la liste des gestionnaires de réseaux de distribution ayant publié une DTR.

La solution technique définie par le gestionnaire de réseau de distribution est déterminante pour le coût du devis de raccordement

En basse tension, les producteurs sont redevables de 60% des coûts de la solution de raccordement de référence. Le barème de raccordement (voir article Coûts de raccordement) définit des coûts unitaires pour différents types d’ouvrages, comprenant matière et main d’oeuvre : mètre linéaire de réseau BT, changement d’un transformateur, création d’un poste de distribution, etc. Ce barème offre une certaine transparence et homogénéité sur les coûts. C’est donc bien la solution technique en elle-même qui va déterminer le coût du devis de raccordement : faut-il renforcer la ligne existante et sur combien de mètres ? Faut-il faire des modifications sur le poste ? Faut-il en créer un nouveau ? …

Ces travaux sont en grande majorité décidés pour lever une contrainte de tension (liée à la qualité de l’onde) identifiée dans la phase de l’étude des contraintes. En effet, la contrainte de courant (liée à l’échauffement des câbles) est rarement dimensionnante lors du raccordement d’un producteur sur un réseau existant. L’article traite donc principalement des contraintes de tension.

En cas de contrainte, les études suivent le processus suivant jusqu’à trouver la solution technique de raccordement qui permet de ramener la tension dans la plage normative ou dans le critère admissible de l’intensité :

  • remplacement du tronçon au plus près du point de livraison par une section supérieure et ainsi de suite jusqu’au poste HTA/BT
  • création d’un nouveau départ HTA/BT
  • mutation du poste HTA/BT
  • création d’un nouveau poste HTA/BT.

Les études se basent sur des hypothèses statistiques en l’absence de données plus précises

L’étude des contraintes sur la basse tension nécessite de caractériser le réseau en termes de consommation et production existantes et d’architecture de réseau, sur la basse tension mais aussi la moyenne tension, les deux réseaux étant liés. Le réseau basse tension ne dispose pas de capteurs permettant de suivre son fonctionnement dynamique. Il n’y a d’ailleurs pas de notion d’exploitation sur le réseau basse tension : ce réseau n’est ni observé, ni piloté.

En particulier, le réseau BT est très généralement caractérisé par sa pointe de consommation, hivernale ; or, l’intégration du photovoltaïque au réseau nécessite de connaître plutôt le talon de consommation en été, autrement dit le niveau de charge du réseau au moment du pic de production, pour comprendre quelle part de la production est consommée tout le long du départ.

D’autres données sont mal connues: il s’agit de la tension sur le réseau HTA en été, et la valeur du rapport de transformation des postes de distribution puisque celle-ci peut être modifiée autour de sa valeur nominale de 50 (20 000 V / 400 V) en fonction des besoins en exploitation.

Dans ce contexte, Enedis a établi des hypothèses statistiques utilisée dans l’étude des contraintes qui sont détaillées dans la section suivante « Etude de la tension ».

Dernière Mise à jour : 22/06/2020

L’absorption de réactif est interdite pour les producteurs raccordés en basse tension

Sur le réseau basse tension, les charges inductives (qui consomment du réactif) sont très rares. Le réseau est généralement légèrement consommateur de réactif (pour une explication de la puissance réactive et son effet sur le réseau, voir l’article Grandeurs électriques). Pour limiter les pertes, les gestionnaires de réseaux demande que les producteurs n’absorbent pas de puissance réactive. Cette interdiction est traduite au niveau réglementaire par l’article 9 de l’arrêté du 23 avril 2008.

Article 9 de l’arrêté du 23 avril 2008
« Les installations de production raccordées en basse tension ne doivent pas absorber de puissance réactive. »

Cette interdiction est en passe d’être levée par un article de l’arrêté transposant les nouvelles règles techniques européennes de raccordement des générateurs (Requirements for generators – RfG) qui va être publié très prochainement. En effet, le régulateur (CRÉ) et Enedis souhaitent la mise en place de cette mesure. Son effet bénéfique de limiter l’élévation de tension générée par les producteurs compense largement son effet négatif sur l’augmentation des pertes.

En attente la modification réglementaire, les gestionnaires de réseaux réalisent leurs études de raccordement des producteurs sans absorption de réactif du côté des producteurs.

La marge d’élévation de tension théorique de 10% par rapport à la tension nominale est en réalité beaucoup plus réduite

La plage de tension admise au niveau réglementaire est la tension nominale (400 V / 230 V) +/- 10% (voir arrêté du 24 décembre 2007). Cependant les règles de dimensionnement tiennent compte des paramètres historiques et du fonctionnement global du réseau :

  1. La position de la prise à vide : cette prise permet d’ajuster le rapport de transformation du poste de distribution hors charge pour éviter des chutes de tension trop importantes sur le réseau ou augmenter la marge de chute de tension admissible sur le réseau BT. En l’absence de production décentralisée, cette prise a été historiquement fixée sur des positions permettant de rehausser la tension par rapport à la valeur nominale. Ainsi, les tensions à vide en tête de départ BT sont de 410 ou 420V. Une position moyenne est définie pour les études producteur.
  2. La valeur de l’élévation de tension sur le réseau HTA, c’est-à-dire au « primaire » du poste HTA/BT : les réseaux BT et HTA sont fortement liés puisque le transformateur faisant la liaison entre les deux réseaux a un rapport de transformation fixe. Une production décentralisée raccordée en HTA peut générer des élévations de tension sur le réseau BT et vice-versa. Pour simplifier les études, la valeur de tension maximale au primaire du poste HTA/BT est fixée.

Ces deux éléments ont pour effet de réduire fortement la marge laissée à l’élévation de tension. La prise à vide est présentée dans l’article Principes physiques de l'intégration du PV en basse tension.

La marge d’élévation de tension du producteur est de 1% pour un raccordement sur un départ existant

Plusieurs marges sont donc à soustraire de l’élévation théorique maximale de 10% :

  • l’élévation de tension dans le branchement est fixée à 1,5%, c’est-à-dire qu’elle ne dépend pas de la nature et section du câble utilisé, de la puissance transitée et de la longueur du câble
  • la prise à vide est considérée en position + 2,5% soit celle du milieu pour les nouveaux transformateurs et haute pour les anciens
  • l’élévation de la tension du réseau HTA réhausse la tension à vide de 4%, correspondant à une position du régleur en charge au poste source de +4%, le maximum autorisé, et à une chute de tension nulle sur le réseau HTA)
  • une marge de 1% est laissée à la tolérance des appareils de réglage (régleur en charge du poste source) et de mesure.

L’élévation de tension autorisée dans la transformateur et la ligne est donc de 1% (= 10 - 1,5 - 2,5 – 4 - 1). Ces différentes marges sont présentées dans le schéma ci-dessous.

 

Marges tension haute - raccordement.pngPlan de tension dans le cas d’une étude producteur, montrant en rouge la marge d’élévation de tension autorisée dans les câbles et le transformateur. Source : Enedis (Enedis-PRO-RES_43E), annotée par Hespul.

 

Pour en savoir plus :

  • Exemples d’autres gestionnaires de réseau :

    Extrait DTR d’Electricité de Strasbourg (EDS) - Principes d’étude et de développement du réseau pour le raccordement des utilisateurs BT

    A la différence d’Enedis, EDS ne précise pas d’hypothèses particulières sur la position des prises à vide, considère une élévation forfaitaire de 2% dans le branchement (1,5% pour Enedis), et une tension à vide de +3,4% au poste HTA/BT. EDS autorise donc une élévation de tension de 4,6% par rapport à la tension nominale (10% - 2% - 3,4%). Ce chiffre n’est pas strictement comparable à celui d’Enedis puisqu’EDS suppose une charge nulle sur le réseau au moment du pic de production (talon de consommation de 20% de la charge maximale pour Enedis).

    Extrait DTR EDS.png

     

L’élévation de tension dans la partie branchement n’est pas calculée au réel

Contrairement à l’élévation de tension dans les câbles et transformateur, l’élévation de tension dans le branchement — partie de câble située entre le point physique de raccordement au réseau existant et le point de livraison où se situe le compteur — est prise de manière forfaitaire, sans considération de la nature et section du câble utilisé, de la puissance transitée et de la longueur du câble.

La valeur de variation de tension de 1,5% correspond à une intensité de 60A (maximum 12kVA monophasé) dans un câble de 35mm2 sur 30 mètres (cf Guide Séquelec 3, Réseaux et branchements basse tension souterrains en lotissement).

Schéma de branchement maison individuelle.pngSchéma de branchement individuel montrant l’élévation de tension autorisée sur le réseau et l’hypothèse prise pour le branchement. Source : NFC14-100, commentée par Hespul

 

L'ordre de grandeur de la puissance de production raccordable en fonction de la distance au poste et de la section de câble peut être déduit de l'élévation de tension autorisée de 1%

 

Puissance active raccordable BT.png

 

Les hypothèses d'étude d'Enedis autorisent généralement une élevation de tension de maximum 1 % sur un départ BT. L'élevation de tension induite par un producteur dépend essentiellement de la puissance qu'il injecte — au maximum la puissance de raccordement — et de sa distance au poste HTA-BT en linéaire réseau. Elle dépend également de la section du câble et du matériau qui le compose. Le graphique ci-dessus vise à représenter ces différentes variables afin de donner un ordre de grandeur de la puissance maximale raccordable en fonction de la distance au poste le plus proche et de la section des câbles composant le départ BT.

Ces valeurs sont indicatives et seule l'étude de raccordement réalisée par le gestionnaire de réseau permet de conclure. Par ailleurs, elles ne prennent pas en compte les hypothèses suivantes :

  • Le foisonnement des consommations qui permet de diminuer l'élevation de tension en consommant la puissance injectée ;
  • La variation de tension dans le poste HTA-BT qui peut avoir un effet négatif sur la capacité d'accueil si le poste est exportateur d'électricité ;
  • La production déjà raccordée sur le réseau.
Dernière Mise à jour : 22/06/2020
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Article suivant Résorption des contraintes
Dernière Mise à jour : 22/06/2020
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Article suivant État du réseau avant le raccordement

L’étude des contraintes suppose un réseau équilibré au moment du raccordement du producteur

Les réseaux basse tension où peu de consommateurs sont raccordés sont souvent déséquilibrés. Cependant, en l’absence d’information sur l’amplitude de ce déséquilibre, l’étude des contraintes pour un producteur est réalisée par Enedis en considérant que le réseau est initialement équilibré. Ceci peut expliquer que lors des études aucune contrainte n’apparaisse, mais que des problèmes surviennent en exploitation.

L’injection en triphasé n’aggrave pas le déséquilibre pré-existant à condition que la production soit strictement égale sur les trois phases. L’injection en monophasé aggrave nécessairement le phénomène si l’injection a lieu sur la phase déjà la moins chargée ; à l’inverse, l’injection sur la phase la plus chargée peut permettre de rééquilibrer en partie le réseau au moment de la production. Ce phénomène est à étudier au cas par cas, en particulier à court-terme en cas de problèmes ou à long-terme dans une logique de planification.     

L’étude doit tenir compte des travaux prévus sur le réseau lorsqu’ils sont connus du gestionnaire de réseau

Les travaux effectués sur le réseau peuvent avoir différentes causes : prévention, réparation, renforcement, raccordement des nouveaux utilisateurs. Les différents types de travaux sont décrits en détails dans l’article Maîtrise d'ouvrage des travaux du réseau public.

Néanmoins, tous ces travaux modifient en continu l’architecture. Enedis s’engage à baser l’étude de raccordement des producteurs sur une cartographie à jour de tous les travaux prévus, à condition qu’ils soient portés à sa connaissance (cas des travaux réalisés par l’autorité concédante) et que les délais de réalisation de ces travaux soient compatibles avec les travaux de raccordement du producteur demandeur (voir l’article sur la Conception des devis).

Extrait Enedis-PRO-RAC_20E , 6.2.1 :

« L’étude tient compte des paramètres suivants :
...
- les décisions d’investissement d’Enedis acceptées en dehors du cadre des opérations de raccordement, dans la mesure où les délais de réalisation des travaux sont compatibles avec ceux liés à la demande de raccordement ;
-  les programmes de travaux engagés par l’AODE, lorsqu’ils ont été communiqués à Enedis et dans la mesure où les délais de réalisation des travaux sont compatibles avec ceux liés à la demande de raccordement. »

Dernière Mise à jour : 22/06/2020
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A puissance de raccordement égale, les schémas de raccordement « autoconsommation avec surplus » et « vente et injection de la totalité » se distinguent par leurs coûts de branchement

Dans tous les cas, un raccordement en injection du surplus génère des économies de coûts de raccordement par rapport à un schéma en vente et injection de la totalité : les coûts de branchement sont généralement nuls (sauf adaptation nécessaire, par exemple si le branchement est insuffisant pour évacuer la puissance de raccordement demandée en production) grâce à l’utilisation du point de livraison soutirage existant : il n’y a pas de nouveau câble à tirer et le compteur est mutualisé pour la production et la consommation.

Dans le cas où le site comporte déjà deux points de livraison avant le raccordement du producteur, dans la mesure où le schéma de raccordement « vente et injection totalité » nécessite l’ajout d’un nouveau PDL, l’arrivée du producteur va nécessiter le regroupement des points de livraison (obligation de la NFC14-100 liée à la sécurité dans le cas d’intervention des pompiers) et la pose d’un coupe-circuit collectif. C’est donc tout le branchement qui doit être repris, ce qui peut se chiffrer à quelques milliers d’euros.

Pour les installations de puissance supérieure à 120kVA, voir la page dédiée.

Lorsque la puissance de raccordement est inférieure à la puissance installée des onduleurs, des gains supplémentaires sur les coûts de raccordement sont possibles mais seulement dans certaines configurations


Les travaux au-delà du branchement sont déterminés par l’étude des contraintes qui analyse les phénomènes physiques qui ont lieu sur le réseau. Alors quelles différences entre le raccordement physique sur l’installation intérieure ou au réseau public par le biais d’une nouvelle dérivation individuelle ?

Les différences sont :

  • quelques mètres de câble (égale ou inférieure à la distance entre le bâti et le réseau public en fonction du type de branchement), donc une différence généralement négligeable pour le calcul de la variation de tension.
  • éventuellement l’hypothèse de la charge minimale au point de raccordement demandé : comme vu précédemment, le gestionnaire de réseau de distribution considère par défaut une charge minimale égale à 20% de la puissance de l’abonnement. Une hypothèse de consommation plus favorable est possible dans le cas de sites tertiaire ou industriel où le talon de consommation été peut représenter beaucoup plus que 20% de l’abonnement, en particulier en présence de charges frigorifiques.
Schéma de raccordement injection surplus.pngSchémas de raccordement injection du surplus (gauche) et vente et injection de la totalité (droite), montrant la localisation des points de livraison et des éléments de comptage. Source : Enedis-NOI-RES_46E.

A puissance de raccordement égale, le résultat de l’étude des contraintes sera le même pour une installation en injection de surplus ou en injection de la totalité  

L’étude des contraintes se réalise à partir de l’établissement des flux transités sur le réseau. Ainsi si la puissance de raccordement demandée par le producteur est la même dans les deux configurations, l’étude des contraintes produira les mêmes résultats puisque les flux physiques sont les mêmes. En somme, si l’installation génère une contrainte sur le réseau en injection de la totalité (et donc un besoin de travaux d’extension), elle génèrera la même contrainte sur le réseau en injection du surplus si la même puissance maximale injectée est atteinte même quelques heures par an.

La différence entre ces deux schémas se situe sur le branchement (voir plus haut) et sur la valorisation de la production : diminution des kWh achetés au fournisseur dans le cas de l’injection du surplus ou vente de la totalité de la production dans le cas de l’injection de la totalité.

Dernière Mise à jour : 22/06/2020
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Article suivant Raccordement des installations > 120KVA

A puissance de raccordement égale, un raccordement en injection de surplus ou en injection de la totalité génère des solutions techniques différentes  

Lorsqu’une installation de production est de puissance supérieure à 120VA, la solution de raccordement proposée sera automatiquement un départ dédié a minima. Une solution plus complexe peut être réalisée lorsqu’une contrainte de tension ou de courant est générée au poste, ou lorsque le nombre de départs maximum est atteint sur le poste (de 2 à 8 selon le type de postes).

En l’absence de contrainte de courant générée par le producteur sur le départ existant alimentant le consommateur, la solution de réaliser un départ dédié peut être plus ou moins coûteuse en fonction de l’éloignement au poste, et ne constitue pas une solution optimisée.

Dans cette situation, lorsque le mode de valorisation souhaité est la vente de la totalité de la production (et non l’autoconsommation avec vente du surplus), une possibilité s’offre au producteur : le schéma de raccordement en injection du surplus avec décompte, dit S4. Ces schémas sont présentés dans l’article Schémas de raccordement pour les installations > 36kVA.

Schémas de raccordement > 120kVA.pngDeux schémas de raccordement pour une même installation de plus de 120kVA : à gauche un raccordement en vente et injection de la totalité, à droite un schéma de raccordement en injection de surplus. Les départs verts sont pour la consommation du site, le départ bleu est dédié à la production. Source : Hespul.
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Principes d'études et de dimensionnement en basse tension

Principes généraux

Le producteur effectue une demande de raccordement au gestionnaire de réseau de distribution et celui-ci émet en retour un devis de raccordement

Que les installations produisent ou consomment de l’électricité, les mêmes principes s’appliquent : d’un point de vue physique, le réseau fonctionne indistinctement dans les deux sens, en soutirage ou en injection. Cependant, les hypothèses d’études peuvent différer s’agissant d’un consommateur ou d’un producteur qui demande à se raccorder.

Cet article cherche à répondre aux questions suivantes : lors d’une demande de raccordement d’un producteur, comment le gestionnaire de réseau de distribution établit la solution technique de raccordement qui donnera ensuite lieu à un devis (proposition technique et financière) ? Quelles sont les hypothèses utilisées pour le calcul des contraintes physiques en courant et en tension ?

Pour en savoir plus :

Le dimensionnement de la solution de raccordement d’un producteur doit être suffisant pour ne pas générer de contraintes

Lors de chaque demande de raccordement, les gestionnaires de réseau de distribution étudient la solution de raccordement dite « de référence » (arrêté du 28 août 2007), c’est-à-dire celle qui est « nécessaire et suffisante pour satisfaire l’évacuation » de l’électricité et « conforme » aux règles du gestionnaire de réseau (voir article Contribution des utilisateurs aux coûts de raccordement – Cadre Légal).

L'étude technique va permettre d'identifier si des ouvrages d'extension et/ou de renforcement seront nécessaires. Elle suit les grandes étapes suivantes :

  • étude physique des contraintes (intensité et tension) et application de marges de tension liées au réseau HTA et au poste HTA/BT
  • application des gabarits de câbles et postes HTA/BT
  • optimisation du tracé en fonction du découpage parcellaire, le cas échéant
  • prise en compte d’autres éléments liés notamment au cahier des charges de concession (par exemple, l’enfouissement systématique en centre bourg), le cas échéant.

L’étude technique est réalisée suivant un ensemble de règles publiées par Enedis

Les paragraphes suivants décrivent les principaux éléments de réalisation de l’étude par Enedis, sur la base des règles publiées par le GRD (Documentation technique de référence - DTR), rassemblées dans le document Enedis-PRO-RES_43E. La version actuelle est la 5, disponible en ligne :
Concernant les autres GRD (5% du territoire métropolitain), les pratiques peuvent différer de celles d’Enedis. La CRÉ tient à jour la liste des gestionnaires de réseaux de distribution ayant publié une DTR.

La solution technique définie par le gestionnaire de réseau de distribution est déterminante pour le coût du devis de raccordement

En basse tension, les producteurs sont redevables de 60% des coûts de la solution de raccordement de référence. Le barème de raccordement (voir article Coûts de raccordement) définit des coûts unitaires pour différents types d’ouvrages, comprenant matière et main d’oeuvre : mètre linéaire de réseau BT, changement d’un transformateur, création d’un poste de distribution, etc. Ce barème offre une certaine transparence et homogénéité sur les coûts. C’est donc bien la solution technique en elle-même qui va déterminer le coût du devis de raccordement : faut-il renforcer la ligne existante et sur combien de mètres ? Faut-il faire des modifications sur le poste ? Faut-il en créer un nouveau ? …

Ces travaux sont en grande majorité décidés pour lever une contrainte de tension (liée à la qualité de l’onde) identifiée dans la phase de l’étude des contraintes. En effet, la contrainte de courant (liée à l’échauffement des câbles) est rarement dimensionnante lors du raccordement d’un producteur sur un réseau existant. L’article traite donc principalement des contraintes de tension.

En cas de contrainte, les études suivent le processus suivant jusqu’à trouver la solution technique de raccordement qui permet de ramener la tension dans la plage normative ou dans le critère admissible de l’intensité :

  • remplacement du tronçon au plus près du point de livraison par une section supérieure et ainsi de suite jusqu’au poste HTA/BT
  • création d’un nouveau départ HTA/BT
  • mutation du poste HTA/BT
  • création d’un nouveau poste HTA/BT.

Les études se basent sur des hypothèses statistiques en l’absence de données plus précises

L’étude des contraintes sur la basse tension nécessite de caractériser le réseau en termes de consommation et production existantes et d’architecture de réseau, sur la basse tension mais aussi la moyenne tension, les deux réseaux étant liés. Le réseau basse tension ne dispose pas de capteurs permettant de suivre son fonctionnement dynamique. Il n’y a d’ailleurs pas de notion d’exploitation sur le réseau basse tension : ce réseau n’est ni observé, ni piloté.

En particulier, le réseau BT est très généralement caractérisé par sa pointe de consommation, hivernale ; or, l’intégration du photovoltaïque au réseau nécessite de connaître plutôt le talon de consommation en été, autrement dit le niveau de charge du réseau au moment du pic de production, pour comprendre quelle part de la production est consommée tout le long du départ.

D’autres données sont mal connues: il s’agit de la tension sur le réseau HTA en été, et la valeur du rapport de transformation des postes de distribution puisque celle-ci peut être modifiée autour de sa valeur nominale de 50 (20 000 V / 400 V) en fonction des besoins en exploitation.

Dans ce contexte, Enedis a établi des hypothèses statistiques utilisée dans l’étude des contraintes qui sont détaillées dans la section suivante « Etude de la tension ».

Étude de la tension

Certaines hypothèses d’études sont statistiques et valables sur la France entière en l’absence de données mesurées

Enedis publie dans sa documentation technique de référence les hypothèses statistiques utilisées dans l’étude des flux et des contraintes. Autrement dit, ces hypothèses sont les mêmes quelles que soient la localisation et les données de terrain. Il s’agit du document Enedis-PRO-RES_43E. Toutes les études de raccordement doivent se conformer à la méthode décrite.

Les principales hypothèses sont les suivantes :

  • la charge (consommation) du réseau utilisée pour l’étude des producteurs correspond à 20% de la charge maximale, proportion considérée comme le talon de consommation au moment de la pointe de production. La charge maximale est obtenue par le foisonnement des abonnements électriques sur chaque tronçon (voir l’article Dimensionnement en soutirage). Il s’agit donc d’une donnée théorique, non mesurée.
  • la puissance de raccordement en production considérée dans l’étude est celle qui est renseignée par le demandeur : Enedis ne réalise pas spontanément une étude à une puissance inférieure. La puissance de raccordement peut être inférieure à la puissance crête des panneaux par exemple lorsque les onduleurs ont un raccordement optimisé, charge au demandeur de ne pas confondre ces deux notions (voir l’article sur les Solutions d’intégration).
  • la puissance injectée prise en compte en présence de plusieurs producteurs sur un même réseau basse tension est la somme des puissances de raccordement. Il n’y a pas de facteur de foisonnement appliqué sur la production.
  • des hypothèses sur la tension HTA à l’arrivée sur le poste de transformation (au « primaire ») à vide (c’est-à-dire hors charge) et sur le rapport de transformation à vide des postes HTA/BT sont figées pour la France entière, malgré des différences sur le terrain.

A retenir : que l’on se place ou non dans un schéma de raccordement en autoconsommation, Enedis observe les flux physiques sur les réseaux et suppose qu’une partie de la production est consommée à hauteur de la charge minimale sur chaque tronçon de réseau qu’elle parcourt.

L’absorption de réactif est interdite pour les producteurs raccordés en basse tension

Sur le réseau basse tension, les charges inductives (qui consomment du réactif) sont très rares. Le réseau est généralement légèrement consommateur de réactif (pour une explication de la puissance réactive et son effet sur le réseau, voir l’article Grandeurs électriques). Pour limiter les pertes, les gestionnaires de réseaux demande que les producteurs n’absorbent pas de puissance réactive. Cette interdiction est traduite au niveau réglementaire par l’article 9 de l’arrêté du 23 avril 2008.

Article 9 de l’arrêté du 23 avril 2008
« Les installations de production raccordées en basse tension ne doivent pas absorber de puissance réactive. »

Cette interdiction est en passe d’être levée par un article de l’arrêté transposant les nouvelles règles techniques européennes de raccordement des générateurs (Requirements for generators – RfG) qui va être publié très prochainement. En effet, le régulateur (CRÉ) et Enedis souhaitent la mise en place de cette mesure. Son effet bénéfique de limiter l’élévation de tension générée par les producteurs compense largement son effet négatif sur l’augmentation des pertes.

En attente la modification réglementaire, les gestionnaires de réseaux réalisent leurs études de raccordement des producteurs sans absorption de réactif du côté des producteurs.

La marge d’élévation de tension théorique de 10% par rapport à la tension nominale est en réalité beaucoup plus réduite

La plage de tension admise au niveau réglementaire est la tension nominale (400 V / 230 V) +/- 10% (voir arrêté du 24 décembre 2007). Cependant les règles de dimensionnement tiennent compte des paramètres historiques et du fonctionnement global du réseau :

  1. La position de la prise à vide : cette prise permet d’ajuster le rapport de transformation du poste de distribution hors charge pour éviter des chutes de tension trop importantes sur le réseau ou augmenter la marge de chute de tension admissible sur le réseau BT. En l’absence de production décentralisée, cette prise a été historiquement fixée sur des positions permettant de rehausser la tension par rapport à la valeur nominale. Ainsi, les tensions à vide en tête de départ BT sont de 410 ou 420V. Une position moyenne est définie pour les études producteur.
  2. La valeur de l’élévation de tension sur le réseau HTA, c’est-à-dire au « primaire » du poste HTA/BT : les réseaux BT et HTA sont fortement liés puisque le transformateur faisant la liaison entre les deux réseaux a un rapport de transformation fixe. Une production décentralisée raccordée en HTA peut générer des élévations de tension sur le réseau BT et vice-versa. Pour simplifier les études, la valeur de tension maximale au primaire du poste HTA/BT est fixée.

Ces deux éléments ont pour effet de réduire fortement la marge laissée à l’élévation de tension. La prise à vide est présentée dans l’article Principes physiques de l'intégration du PV en basse tension.

La marge d’élévation de tension du producteur est de 1% pour un raccordement sur un départ existant

Plusieurs marges sont donc à soustraire de l’élévation théorique maximale de 10% :

  • l’élévation de tension dans le branchement est fixée à 1,5%, c’est-à-dire qu’elle ne dépend pas de la nature et section du câble utilisé, de la puissance transitée et de la longueur du câble
  • la prise à vide est considérée en position + 2,5% soit celle du milieu pour les nouveaux transformateurs et haute pour les anciens
  • l’élévation de la tension du réseau HTA réhausse la tension à vide de 4%, correspondant à une position du régleur en charge au poste source de +4%, le maximum autorisé, et à une chute de tension nulle sur le réseau HTA)
  • une marge de 1% est laissée à la tolérance des appareils de réglage (régleur en charge du poste source) et de mesure.

L’élévation de tension autorisée dans la transformateur et la ligne est donc de 1% (= 10 - 1,5 - 2,5 – 4 - 1). Ces différentes marges sont présentées dans le schéma ci-dessous.

 

Marges tension haute - raccordement.pngPlan de tension dans le cas d’une étude producteur, montrant en rouge la marge d’élévation de tension autorisée dans les câbles et le transformateur. Source : Enedis (Enedis-PRO-RES_43E), annotée par Hespul.

 

Pour en savoir plus :

  • Exemples d’autres gestionnaires de réseau :

    Extrait DTR d’Electricité de Strasbourg (EDS) - Principes d’étude et de développement du réseau pour le raccordement des utilisateurs BT

    A la différence d’Enedis, EDS ne précise pas d’hypothèses particulières sur la position des prises à vide, considère une élévation forfaitaire de 2% dans le branchement (1,5% pour Enedis), et une tension à vide de +3,4% au poste HTA/BT. EDS autorise donc une élévation de tension de 4,6% par rapport à la tension nominale (10% - 2% - 3,4%). Ce chiffre n’est pas strictement comparable à celui d’Enedis puisqu’EDS suppose une charge nulle sur le réseau au moment du pic de production (talon de consommation de 20% de la charge maximale pour Enedis).

    Extrait DTR EDS.png

     

L’élévation de tension dans la partie branchement n’est pas calculée au réel

Contrairement à l’élévation de tension dans les câbles et transformateur, l’élévation de tension dans le branchement — partie de câble située entre le point physique de raccordement au réseau existant et le point de livraison où se situe le compteur — est prise de manière forfaitaire, sans considération de la nature et section du câble utilisé, de la puissance transitée et de la longueur du câble.

La valeur de variation de tension de 1,5% correspond à une intensité de 60A (maximum 12kVA monophasé) dans un câble de 35mm2 sur 30 mètres (cf Guide Séquelec 3, Réseaux et branchements basse tension souterrains en lotissement).

Schéma de branchement maison individuelle.pngSchéma de branchement individuel montrant l’élévation de tension autorisée sur le réseau et l’hypothèse prise pour le branchement. Source : NFC14-100, commentée par Hespul

 

L'ordre de grandeur de la puissance de production raccordable en fonction de la distance au poste et de la section de câble peut être déduit de l'élévation de tension autorisée de 1%

 

Puissance active raccordable BT.png

 

Les hypothèses d'étude d'Enedis autorisent généralement une élevation de tension de maximum 1 % sur un départ BT. L'élevation de tension induite par un producteur dépend essentiellement de la puissance qu'il injecte — au maximum la puissance de raccordement — et de sa distance au poste HTA-BT en linéaire réseau. Elle dépend également de la section du câble et du matériau qui le compose. Le graphique ci-dessus vise à représenter ces différentes variables afin de donner un ordre de grandeur de la puissance maximale raccordable en fonction de la distance au poste le plus proche et de la section des câbles composant le départ BT.

Ces valeurs sont indicatives et seule l'étude de raccordement réalisée par le gestionnaire de réseau permet de conclure. Par ailleurs, elles ne prennent pas en compte les hypothèses suivantes :

  • Le foisonnement des consommations qui permet de diminuer l'élevation de tension en consommant la puissance injectée ;
  • La variation de tension dans le poste HTA-BT qui peut avoir un effet négatif sur la capacité d'accueil si le poste est exportateur d'électricité ;
  • La production déjà raccordée sur le réseau.
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Résorption des contraintes

En cas de contraintes, le gestionnaire de réseau de distribution recherche la solution le plus adaptée

Lorsqu'une contrainte est détectée en études, le GRD va d'abord chercher à résoudre la contrainte d'intensité sur le transformateur le cas échéant, puis sur les câbles, et enfin la contrainte de tension.

Dans le cas d'une contrainte de tension sur le réseau (cas le plus fréquemment rencontré), le GRD va tenter de résoudre la contrainte en appliquant successivement les solutions suivantes:

  1. Augmenter la section des câbles des tronçons en partant du point de livraison du producteur et en remontant progressivement vers le poste
  2. Muter le poste de transformation (changer le transformateur en gardant le même poste)
  3. Créer un départ dédié au poste HTA/BT existant (tirer une nouvelle ligne du poste)
  4. Créer un nouveau poste HTA/BT
  5. Renforcer la ligne HTA.

Des exceptions à cette règle peuvent être nécessaires pour des raisons de cohérence du réseau. Par exemple lorsque que l'application de la première étape est impossible si elle engendre des sections accroissantes sur le réseau: les sections doivent être décroissantes de l'amont vers l'aval ou constantes. Autrement dit, si la ligne concernée est de section 70 mm2 ou inférieure au départ du poste, alors le tronçon où souhaite se raccorder le producteur ne pourra pas être changé pour une section supérieure (150 mm 2 par exemple) et il conviendra de changer la section des tronçons en partant du poste.

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État du réseau avant le raccordement

Le gestionnaire de réseau garantit au producteur un état initial propre de toute contrainte

Lorsque le producteur fait une demande de raccordement, Enedis doit en premier lieu s’assurer qu’avant le raccordement du producteur il n’y avait ni contrainte de courant, ni contrainte de tension haute ou basse. Dans le cas inverse, Enedis s’engage à étudier le raccordement du producteur en tenant compte des travaux nécessaires pour résorber cette contrainte sans que ces travaux soient portés à la charge du producteur.

Extrait de la Enedis-PRO-RES_43E-V4, 6.2.3 Etude de raccordement d’un Site producteur :

" Les travaux pour lever des contraintes qui préexistent (dues à des consommateurs ou des producteurs existants) ne doivent pas être mis à la charge de l’opération de raccordement. Dans le cadre de l’étude, c’est à partir d’une situation remise à niveau par rapport aux seuils définis […] que la solution de référence est déterminée." (,).

L’étude des contraintes suppose un réseau équilibré au moment du raccordement du producteur

Les réseaux basse tension où peu de consommateurs sont raccordés sont souvent déséquilibrés. Cependant, en l’absence d’information sur l’amplitude de ce déséquilibre, l’étude des contraintes pour un producteur est réalisée par Enedis en considérant que le réseau est initialement équilibré. Ceci peut expliquer que lors des études aucune contrainte n’apparaisse, mais que des problèmes surviennent en exploitation.

L’injection en triphasé n’aggrave pas le déséquilibre pré-existant à condition que la production soit strictement égale sur les trois phases. L’injection en monophasé aggrave nécessairement le phénomène si l’injection a lieu sur la phase déjà la moins chargée ; à l’inverse, l’injection sur la phase la plus chargée peut permettre de rééquilibrer en partie le réseau au moment de la production. Ce phénomène est à étudier au cas par cas, en particulier à court-terme en cas de problèmes ou à long-terme dans une logique de planification.     

L’étude doit tenir compte des travaux prévus sur le réseau lorsqu’ils sont connus du gestionnaire de réseau

Les travaux effectués sur le réseau peuvent avoir différentes causes : prévention, réparation, renforcement, raccordement des nouveaux utilisateurs. Les différents types de travaux sont décrits en détails dans l’article Maîtrise d'ouvrage des travaux du réseau public.

Néanmoins, tous ces travaux modifient en continu l’architecture. Enedis s’engage à baser l’étude de raccordement des producteurs sur une cartographie à jour de tous les travaux prévus, à condition qu’ils soient portés à sa connaissance (cas des travaux réalisés par l’autorité concédante) et que les délais de réalisation de ces travaux soient compatibles avec les travaux de raccordement du producteur demandeur (voir l’article sur la Conception des devis).

Extrait Enedis-PRO-RAC_20E , 6.2.1 :

« L’étude tient compte des paramètres suivants :
...
- les décisions d’investissement d’Enedis acceptées en dehors du cadre des opérations de raccordement, dans la mesure où les délais de réalisation des travaux sont compatibles avec ceux liés à la demande de raccordement ;
-  les programmes de travaux engagés par l’AODE, lorsqu’ils ont été communiqués à Enedis et dans la mesure où les délais de réalisation des travaux sont compatibles avec ceux liés à la demande de raccordement. »

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Raccordement en autoconsommation avec surplus

Le producteur a la responsabilité de déclarer une puissance de raccordement adéquate

Lorsque le producteur effectue une demande de raccordement pour une installation en autoconsommation avec surplus c’est qu’il n’a pas la garantie de consommer sur le site l’intégralité de la production. Il va donc remplir une demande de raccordement pour une puissance de raccordement non nulle.

Deux cas de figures peuvent se présenter :

  1. La puissance de raccordement est inférieure à la puissance installée des onduleurs : c’est le cas lorsque le talon de consommation en période de production est systématiquement non nul (une étude des consommations existantes ou une modélisation des consommations futures est nécessaire dans ce cas), le site est équipé de stockage, et/ou en présence d’un système de pilotage permet d’écrêter la production.
  2. La puissance de raccordement est égale à la puissance installée des onduleurs : en l’absence de stockage ou de tout moyen actif de pilotage, lorsque la consommation sur le site est très intermittente (équipement scolaire par exemple), l’injection de la totalité de la production est à prévoir. Même si celle-ci n’a lieu que quelques heures par an, le producteur doit déclarer la puissance maximale injectée en puissance de raccordement.

C’est le producteur qui est le seul responsable de la puissance de raccordement demandée et déclarée. Lors du raccordement, il s’engage auprès du gestionnaire de réseau à ne pas la dépasser. Le gestionnaire de réseau peut d’ailleurs demander une preuve de moyens au producteur dans le cas où la puissance de raccordement est très inférieure à la puissance installée des onduleurs.

Pour un rappel des différents schémas de raccordement, voir la rubrique Schémas de raccordement.

A puissance de raccordement égale, les schémas de raccordement « autoconsommation avec surplus » et « vente et injection de la totalité » se distinguent par leurs coûts de branchement

Dans tous les cas, un raccordement en injection du surplus génère des économies de coûts de raccordement par rapport à un schéma en vente et injection de la totalité : les coûts de branchement sont généralement nuls (sauf adaptation nécessaire, par exemple si le branchement est insuffisant pour évacuer la puissance de raccordement demandée en production) grâce à l’utilisation du point de livraison soutirage existant : il n’y a pas de nouveau câble à tirer et le compteur est mutualisé pour la production et la consommation.

Dans le cas où le site comporte déjà deux points de livraison avant le raccordement du producteur, dans la mesure où le schéma de raccordement « vente et injection totalité » nécessite l’ajout d’un nouveau PDL, l’arrivée du producteur va nécessiter le regroupement des points de livraison (obligation de la NFC14-100 liée à la sécurité dans le cas d’intervention des pompiers) et la pose d’un coupe-circuit collectif. C’est donc tout le branchement qui doit être repris, ce qui peut se chiffrer à quelques milliers d’euros.

Pour les installations de puissance supérieure à 120kVA, voir la page dédiée.

Lorsque la puissance de raccordement est inférieure à la puissance installée des onduleurs, des gains supplémentaires sur les coûts de raccordement sont possibles mais seulement dans certaines configurations


Les travaux au-delà du branchement sont déterminés par l’étude des contraintes qui analyse les phénomènes physiques qui ont lieu sur le réseau. Alors quelles différences entre le raccordement physique sur l’installation intérieure ou au réseau public par le biais d’une nouvelle dérivation individuelle ?

Les différences sont :

  • quelques mètres de câble (égale ou inférieure à la distance entre le bâti et le réseau public en fonction du type de branchement), donc une différence généralement négligeable pour le calcul de la variation de tension.
  • éventuellement l’hypothèse de la charge minimale au point de raccordement demandé : comme vu précédemment, le gestionnaire de réseau de distribution considère par défaut une charge minimale égale à 20% de la puissance de l’abonnement. Une hypothèse de consommation plus favorable est possible dans le cas de sites tertiaire ou industriel où le talon de consommation été peut représenter beaucoup plus que 20% de l’abonnement, en particulier en présence de charges frigorifiques.
Schéma de raccordement injection surplus.pngSchémas de raccordement injection du surplus (gauche) et vente et injection de la totalité (droite), montrant la localisation des points de livraison et des éléments de comptage. Source : Enedis-NOI-RES_46E.

A puissance de raccordement égale, le résultat de l’étude des contraintes sera le même pour une installation en injection de surplus ou en injection de la totalité  

L’étude des contraintes se réalise à partir de l’établissement des flux transités sur le réseau. Ainsi si la puissance de raccordement demandée par le producteur est la même dans les deux configurations, l’étude des contraintes produira les mêmes résultats puisque les flux physiques sont les mêmes. En somme, si l’installation génère une contrainte sur le réseau en injection de la totalité (et donc un besoin de travaux d’extension), elle génèrera la même contrainte sur le réseau en injection du surplus si la même puissance maximale injectée est atteinte même quelques heures par an.

La différence entre ces deux schémas se situe sur le branchement (voir plus haut) et sur la valorisation de la production : diminution des kWh achetés au fournisseur dans le cas de l’injection du surplus ou vente de la totalité de la production dans le cas de l’injection de la totalité.

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Raccordement des installations > 120KVA

La norme impose un départ dédié pour toute installation (consommation ou production) de puissance supérieure à 120kVA

Entre 120 et 250kVA (limite du raccordement en basse tension), la norme NFC14-100 impose que chaque utilisateur ait son propre départ, qu’on appelle alors « départ dédié ». En effet, pour ces dérivations individuelles les équipements de protection sont calibrés à 400A, soit le même calibre que la protection qu’en tête du départ : en cas déclenchement, l’un ou l’autre des appareils de protection peuvent s’ouvrir. Si d’autres utilisateurs sont situés sur le départ, le risque serait de les couper d’électricité en cas de défaut lié à l’utilisateur dont la puissance est supérieure à 120kVA. Pour éviter cette situation, ces utilisateurs doivent donc être seul sur leur départ.

A puissance de raccordement égale, un raccordement en injection de surplus ou en injection de la totalité génère des solutions techniques différentes  

Lorsqu’une installation de production est de puissance supérieure à 120VA, la solution de raccordement proposée sera automatiquement un départ dédié a minima. Une solution plus complexe peut être réalisée lorsqu’une contrainte de tension ou de courant est générée au poste, ou lorsque le nombre de départs maximum est atteint sur le poste (de 2 à 8 selon le type de postes).

En l’absence de contrainte de courant générée par le producteur sur le départ existant alimentant le consommateur, la solution de réaliser un départ dédié peut être plus ou moins coûteuse en fonction de l’éloignement au poste, et ne constitue pas une solution optimisée.

Dans cette situation, lorsque le mode de valorisation souhaité est la vente de la totalité de la production (et non l’autoconsommation avec vente du surplus), une possibilité s’offre au producteur : le schéma de raccordement en injection du surplus avec décompte, dit S4. Ces schémas sont présentés dans l’article Schémas de raccordement pour les installations > 36kVA.

Schémas de raccordement > 120kVA.pngDeux schémas de raccordement pour une même installation de plus de 120kVA : à gauche un raccordement en vente et injection de la totalité, à droite un schéma de raccordement en injection de surplus. Les départs verts sont pour la consommation du site, le départ bleu est dédié à la production. Source : Hespul.
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Dernière Mise à jour : 22/06/2020

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