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Notion de capacité d'accueil en production

Définition et enjeux

La capacité d’accueil en production peut se traduire par « la place disponible dans le réseau existant pour l’ajout de production »

La capacité d’accueil correspond à la puissance de production qui peut être raccordée sur le poste sans générer de contraintes de courant et de tension, sans nécessiter de modifications du réseau autres que le branchement de ces nouveaux utilisateurs, autrement dit « à réseau constant ».

La contrainte qui limite le plus fréquemment la capacité d’accueil des réseaux ruraux et périurbains est la contrainte de tension. Dans ces réseaux, l’élévation de tension maximale est atteinte pour une production bien inférieure à la puissance générant des transits de puissance supérieurs à ce que peuvent supporter les câbles et postes.

La notion de contrainte réfère au dépassement des seuils admissibles, en tension pour la contrainte de tension et en intensité admissible pour la contrainte de courant. Ces seuils sont définis de manière normative et/ou réglementaire ou sont inscrits dans des guides, et visent à assurer une qualité de l’onde et une protection des personnes et des équipements.

Plusieurs exemples du phénomène d’élévation de tension sont présentés dans l’article Principes physiques de l’intégration du PV en basse tension.

Le présent article rentre dans plus de détails sur l’influence qu’ont les producteurs sur le plan de tension et comment cela se traduit en termes de capacité d’accueil.

Contrainte en tension

L’injection de production modifie toutes les tensions sur le réseau

Schéma inversion des flux sans texte.pngIllustration des variations de tension le long du départ suite au raccordement d’une installation de production (2kW en E) (courbe rouge) par rapport aux variations de tension avant l’arrivée du producteur (courbe bleue). Source : Hespul.

En modifiant les transits de puissance tout le long du départ, le raccordement d’une installation de production a pour effet de modifier la tension en chacun des nœuds du réseau, bien que l’impact soit généralement le plus important au point de raccordement du producteur.

Contrainte d'architecture réseau et de courant

La capacité d’accueil peut être limitée par la nature et la section des câbles ou par la puissance nominale du transformateur

Tout comme les contraintes de tension, les câbles imposent des limites d’intensité admissible, pour éviter l’échauffement du câble. Il est rare d’atteindre ces limites avant d’atteindre une contrainte de tension, mais cela est possible sur des très courtes longueurs.

De même, raccorder une installation de production de 100 kW sur un poste de distribution de 50 kVA est impossible du point de vue de la contrainte de courant.

La capacité d’accueil en production n’est pas une donnée fixe et unique par type de réseau : elle dépend de la puissance et de l’emplacement des producteurs, et de l’ordre dans lequel ils se raccordent

En modifiant l’ensemble des transits de puissance en tous points du départ, voire des autres départs et du poste, le raccordement d’un producteur a une incidence sur l’ensemble du plan de tension et pas uniquement au nœud où il est raccordé.

En particulier, une installation de petite puissance, raccordée en monophasé en bout de ligne, peut rehausser la tension sur un départ de telle sorte à empêcher ensuite le raccordement d’un producteur en triphasé, de plus forte puissance, près du poste, alors que ce producteur triphasé aurait pu se raccorder en premier sans générer de contrainte.

De plus, le déséquilibre pré-existant du réseau peut également avoir un impact, en particulier si l’installation de production est raccordée malencontreusement sur la phase la moins chargée.  
Le calcul de la capacité d’accueil d’un réseau nécessite de connaître :
-    l’architecture et les caractéristiques du réseau : tracé, nature et section des câbles, puissance nominale des postes de transformation
-    le rattachement des clients consommateurs sur le réseau (points de raccordement) et la puissance souscrite individuelle de chaque nœud de réseau (plusieurs consommateurs pouvant être raccordés en un nœud)
-    la puissance, typologie (mono, tri) et localisation des producteurs existants, le cas échéant.

Le calcul de la capacité d’accueil d’un réseau dépend de l’objectif visé

Le calcul de la capacité d’accueil nécessite d’avoir accès à plusieurs données techniques et d’établir des hypothèses en termes de raccordement des producteurs. En effet, face à un nombre de possibilités qui peut être très important, il faut faire des choix selon les objectifs recherchés, par exemple :

  • dans le cadre d’une politique territoriale (PCAET, etc.), les acteurs publics et/ou leur bureau d’études peuvent vouloir connaître la capacité d’accueil maximale en production du réseau électrique : dans ce cas, l’étude se basera sur un ordre d’installations de production à raccorder qui va de l’installation générant le moins d’impact sur la tension à celle qui en génère le plus, départ par départ. La valeur de la capacité d’accueil en production sera alors la somme des puissances raccordées par départ avant l’atteinte des contraintes de tension et courant. Cette donnée n’aura néanmoins de valeur que si l’ordre de raccordement est respecté. Il s’agit donc bien d’une valeur théorique.
  • dans le cadre du développement photovoltaïque à l’initiative des acteurs d’une commune, les acteurs peuvent vouloir tester 2 ou 3 scénarios de déploiement lorsque le potentiel net photovoltaïque a été évalué (élimination des bâtiments mal ensoleillés, dont la toiture n’est pas en mesure de tenir la charge, amiantée, etc.).  
  • dans le cadre de la recherche, une étude « stochastique » peut être réalisée : elle consiste à tester un très grand nombre de combinaisons qui permettent de générer des statistiques et de représenter la variabilité des résultats obtenus. Par exemple, sur le réseau X, la capacité d’accueil en production est de 100kW et se situe entre 20 à 200 kW dans 95% des cas.

A l’échelle territoriale, la capacité d’accueil permet de se rendre compte à la fois de la puissance pouvant être raccordée sans travaux et de la nécessaire évolution des réseaux.

Dernière Mise à jour : 07/10/2019

La capacité d’accueil d’un poste HTA/BT dépend de l’emplacement des producteurs

La résistance équivalente étant plus importante en bout de ligne qu’en début de départ, une installation de production aura d’autant plus d’impact sur les variations de tension si elle est éloignée du poste, à puissance équivalente. Nécessairement, la « place » laissée ensuite aux autres producteurs ne sera pas la même en fonction de la position et de la puissance des producteurs déjà raccordés.

Impact de la localisation d'un producteur.pngIllustration de l’impact de la localisation d’un producteur sur les variations de tension le long d’un départ : à gauche, une installation de 2kW de production est raccordée en B et à droite, la même installation est raccordée en E. Les charges et les caractéristiques du réseau sont les mêmes dans les deux exemples. Source : Hespul.

 

Le calcul de la capacité d’accueil nécessite de connaître le tracé du réseau, ses caractéristiques techniques, la localisation et la puissance des utilisateurs raccordés


Le réseau pris en exemple ci-dessous comporte un seul départ mais qui se sépare très vite en deux branches (1 et 2) et très vite en quatre branches distinctes qui vont avoir des plans de tension différents. Cependant, ce réseau ne s’apparente pas d’un réseau avec quatre départs où les plans de tension seraient indépendants les uns des autres, ayant en commun seulement l’impact de la variation de tension dans le poste de transformation.

Pour réaliser l’analyse des plans de tension, il a été nécessaire de connaître :

  • la nature et la section des câbles (donnée réelle)
  • le tracé du réseau basse tension (donnée réelle)
  • la puissance soutirée en chaque nœud de réseau avant l’arrivée des producteurs (hypothèse)
  • la puissance des producteurs existants (hypothèse).

La puissance souscrite par les consommateurs est une donnée clé qui n’est généralement pas accessible pour des raisons de protection des données. Une hypothèse est donc prise dans l’exemple en fonction de la typologie des bâtiments et de leur surface. De la même manière la localisation précise et la puissance des producteurs existants n’est pas fournie. Pour aller plus loin sur les données, voir l’article rédigé à cet effet Données et diagnostic.

Chaque branche est représentée dans le graphe ci-dessous par une courbe représentant l’évolution de la variation de tension entre le poste et son extrémité. Avant l’arrivée des producteurs, les chutes de tension sont les plus importantes sur les branches les plus longues (2321 et 2322). 

Carte et plan de tension.pngIllustration montrant les plans de tension liés au réseau dont l’arborescence autour du poste (rond noir) est présentée à gauche (les valeurs sont des variations physiques de tension par rapport à la tension nominale) : en haut, le plan de tension avant l’arrivée des producteurs, en bas après leur arrivée (localisés sur la carte et rectangles noirs sur les graphiques). Source : Hespul.

Ci-contre, deux producteurs sont raccordés : 5,2kVA sur la branche 2221 et 4,6kVA sur la branche kVA. Ces valeurs correspondent à un dimensionnement de 90% de la puissance de l’onduleur par rapport au potentiel maximal de la toiture en kilowatt-crête. Ces deux producteurs ont une puissance inférieure à 6kVA et sont raccordés en monophasé.

La capacité d’accueil peut être fortement réduite par un producteur monophasé en bout de ligne

L’exemple fourni permettre d’observer les phénomènes suivants :

  • Les branches où il n’y a pas d’installation de production (11, 12, 13, 21) sont très peu affectées par l’arrivée des deux producteurs : la différence de variation de tension entre le cas sans producteur et le cas avec producteur est inférieure à 0,5%.
  • Le raccordement des deux producteurs a un effet majeur sur les variations de tension de leur branche respective, en particulier sur la branche la plus longue :
    • les chutes de tension passent d’environ -2% à 0% en bout de ligne sur la branche la plus courte 2221 et d’environ -2% à -1% pour les branches liées 221 et 2222.
    • les chutes de tension passent d’environ -6,5% à -2,5% pour la branche la plus longue 2322 et d’environ -5,5% à -3% sur la branche liée 2321.

L’injection de production en un nœud a donc un effet majeur sur la branche où il est situé et un effet bien moindre sur la tension des nœuds sur les autres branches.

Dans l’exemple donné ici, le plan de tension représenté tient compte du fait que le producteur n’injecte que sur une phase, mais il suppose que le réseau était équilibré avant l’arrivée des producteurs, c’est-à-dire que l’on suppose que les consommateurs soutirent une puissance équivalente sur chaque phase — voir la partie Déséquilibre entre phases dans l’article sur les Principes physiques de l’intégration au réseau. Il s’agit d’une approximation importante et qui est fausse lorsque les réseaux comportent peu de consommateurs. Avec l’arrivée des compteurs communicants et les campagnes de mesures ponctuelles, la connaissance du déséquilibre réel tend à s’améliorer et permettra de mieux comprendre les phénomènes induits par des soutirages ou des injections en monophasé.

 

Suivant l’ordre dans lequel les producteurs sont raccordés sur un poste, la capacité d’accueil de ce dernier ne sera pas du tout la même

A réseau constant, une même puissance totale de production génèrera des plans de tension très différents selon la manière dont cette puissance est répartit sur ce départ. Autrement dit, selon que l’on raccorde d’abord 30kW sur un hangar agricole à 200 mètres du poste puis 20kW sur le toit de l’école à 50 mètres du poste, ou 30kW sur le toit de la salle polyvalente à 30 mètres du poste et 20kW sur le toit de la mairie situé à 20 mètres du poste, la tension au compteur de la boulangerie à 40 mètres du poste ne sera pas la même.

Le problème se pose souvent en sens inverse : si l’élévation de tension maximale est fixé, quelles combinaisons d’installations de production sont possibles pour le même réseau ?  

Impact de la localisation des producteurs.pngIllustration de l’impact de la localisation des producteurs sur le plan de tension (en bleu sans production, en rouge avec production). Le réseau est initialement composé de 5 nœuds qui soutire chacun 10kW. 2 producteurs de 60kW raccordés en différents points génèrent une élévation de tension très différente : dans le cas à gauche, le raccordement d’un producteur en bout de ligne peut fortement limité le raccordement d’un producteur près du poste ; dans le cas de droite, la même puissance de production raccordée près du poste génère un plan de tension très différent. Source : Hespul.
Dernière Mise à jour : 07/10/2019
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La capacité d’accueil peut être limitée par le nombre de départs dans le poste

Schéma unifilaire d'un poste.pngSchéma unifilaire d’un Poste au sol simplifié raccordé au réseau HTA en antenne (PSSA). Dans le tableau BT, on peut voir le nombre de départs maximum : 4. Source : Guide Séquelec.

Les installations basse tension de puissance supérieure à 120kVA, qu’elles soient en consommation ou en production, doivent être raccordées par un départ dédié au poste de distribution. Un départ dédié est une ligne physique où le consommateur ou le producteur est le seul à être raccordé.

Les postes de distribution sont limités en nombre de départs par leur conception. Par exemple, les petits postes en haut de poteau sont limités à 2 départs. Les postes urbains au sol comporte 4 à 8 départs selon les typologies.

Si le nombre de départs maximal est atteint dans un poste, il ne sera pas possible de raccorder à ce réseau une installation de production de puissance supérieure à 120kVA même si elle ne générait pas de contraintes de courant ni de tension.

Dernière Mise à jour : 07/10/2019

Notion de capacité d'accueil en production

Définition et enjeux

La capacité d’accueil en production peut se traduire par « la place disponible dans le réseau existant pour l’ajout de production »

La capacité d’accueil correspond à la puissance de production qui peut être raccordée sur le poste sans générer de contraintes de courant et de tension, sans nécessiter de modifications du réseau autres que le branchement de ces nouveaux utilisateurs, autrement dit « à réseau constant ».

La contrainte qui limite le plus fréquemment la capacité d’accueil des réseaux ruraux et périurbains est la contrainte de tension. Dans ces réseaux, l’élévation de tension maximale est atteinte pour une production bien inférieure à la puissance générant des transits de puissance supérieurs à ce que peuvent supporter les câbles et postes.

La notion de contrainte réfère au dépassement des seuils admissibles, en tension pour la contrainte de tension et en intensité admissible pour la contrainte de courant. Ces seuils sont définis de manière normative et/ou réglementaire ou sont inscrits dans des guides, et visent à assurer une qualité de l’onde et une protection des personnes et des équipements.

Plusieurs exemples du phénomène d’élévation de tension sont présentés dans l’article Principes physiques de l’intégration du PV en basse tension.

Le présent article rentre dans plus de détails sur l’influence qu’ont les producteurs sur le plan de tension et comment cela se traduit en termes de capacité d’accueil.

La capacité d’accueil en production n’est pas une donnée fixe et unique par type de réseau : elle dépend de la puissance et de l’emplacement des producteurs, et de l’ordre dans lequel ils se raccordent

En modifiant l’ensemble des transits de puissance en tous points du départ, voire des autres départs et du poste, le raccordement d’un producteur a une incidence sur l’ensemble du plan de tension et pas uniquement au nœud où il est raccordé.

En particulier, une installation de petite puissance, raccordée en monophasé en bout de ligne, peut rehausser la tension sur un départ de telle sorte à empêcher ensuite le raccordement d’un producteur en triphasé, de plus forte puissance, près du poste, alors que ce producteur triphasé aurait pu se raccorder en premier sans générer de contrainte.

De plus, le déséquilibre pré-existant du réseau peut également avoir un impact, en particulier si l’installation de production est raccordée malencontreusement sur la phase la moins chargée.  
Le calcul de la capacité d’accueil d’un réseau nécessite de connaître :
-    l’architecture et les caractéristiques du réseau : tracé, nature et section des câbles, puissance nominale des postes de transformation
-    le rattachement des clients consommateurs sur le réseau (points de raccordement) et la puissance souscrite individuelle de chaque nœud de réseau (plusieurs consommateurs pouvant être raccordés en un nœud)
-    la puissance, typologie (mono, tri) et localisation des producteurs existants, le cas échéant.

Le calcul de la capacité d’accueil d’un réseau dépend de l’objectif visé

Le calcul de la capacité d’accueil nécessite d’avoir accès à plusieurs données techniques et d’établir des hypothèses en termes de raccordement des producteurs. En effet, face à un nombre de possibilités qui peut être très important, il faut faire des choix selon les objectifs recherchés, par exemple :

  • dans le cadre d’une politique territoriale (PCAET, etc.), les acteurs publics et/ou leur bureau d’études peuvent vouloir connaître la capacité d’accueil maximale en production du réseau électrique : dans ce cas, l’étude se basera sur un ordre d’installations de production à raccorder qui va de l’installation générant le moins d’impact sur la tension à celle qui en génère le plus, départ par départ. La valeur de la capacité d’accueil en production sera alors la somme des puissances raccordées par départ avant l’atteinte des contraintes de tension et courant. Cette donnée n’aura néanmoins de valeur que si l’ordre de raccordement est respecté. Il s’agit donc bien d’une valeur théorique.
  • dans le cadre du développement photovoltaïque à l’initiative des acteurs d’une commune, les acteurs peuvent vouloir tester 2 ou 3 scénarios de déploiement lorsque le potentiel net photovoltaïque a été évalué (élimination des bâtiments mal ensoleillés, dont la toiture n’est pas en mesure de tenir la charge, amiantée, etc.).  
  • dans le cadre de la recherche, une étude « stochastique » peut être réalisée : elle consiste à tester un très grand nombre de combinaisons qui permettent de générer des statistiques et de représenter la variabilité des résultats obtenus. Par exemple, sur le réseau X, la capacité d’accueil en production est de 100kW et se situe entre 20 à 200 kW dans 95% des cas.

A l’échelle territoriale, la capacité d’accueil permet de se rendre compte à la fois de la puissance pouvant être raccordée sans travaux et de la nécessaire évolution des réseaux.

Contrainte en tension

L’injection de production modifie toutes les tensions sur le réseau

Schéma inversion des flux sans texte.pngIllustration des variations de tension le long du départ suite au raccordement d’une installation de production (2kW en E) (courbe rouge) par rapport aux variations de tension avant l’arrivée du producteur (courbe bleue). Source : Hespul.

En modifiant les transits de puissance tout le long du départ, le raccordement d’une installation de production a pour effet de modifier la tension en chacun des nœuds du réseau, bien que l’impact soit généralement le plus important au point de raccordement du producteur.

La capacité d’accueil d’un poste HTA/BT dépend de l’emplacement des producteurs

La résistance équivalente étant plus importante en bout de ligne qu’en début de départ, une installation de production aura d’autant plus d’impact sur les variations de tension si elle est éloignée du poste, à puissance équivalente. Nécessairement, la « place » laissée ensuite aux autres producteurs ne sera pas la même en fonction de la position et de la puissance des producteurs déjà raccordés.

Impact de la localisation d'un producteur.pngIllustration de l’impact de la localisation d’un producteur sur les variations de tension le long d’un départ : à gauche, une installation de 2kW de production est raccordée en B et à droite, la même installation est raccordée en E. Les charges et les caractéristiques du réseau sont les mêmes dans les deux exemples. Source : Hespul.

 

Le calcul de la capacité d’accueil nécessite de connaître le tracé du réseau, ses caractéristiques techniques, la localisation et la puissance des utilisateurs raccordés


Le réseau pris en exemple ci-dessous comporte un seul départ mais qui se sépare très vite en deux branches (1 et 2) et très vite en quatre branches distinctes qui vont avoir des plans de tension différents. Cependant, ce réseau ne s’apparente pas d’un réseau avec quatre départs où les plans de tension seraient indépendants les uns des autres, ayant en commun seulement l’impact de la variation de tension dans le poste de transformation.

Pour réaliser l’analyse des plans de tension, il a été nécessaire de connaître :

  • la nature et la section des câbles (donnée réelle)
  • le tracé du réseau basse tension (donnée réelle)
  • la puissance soutirée en chaque nœud de réseau avant l’arrivée des producteurs (hypothèse)
  • la puissance des producteurs existants (hypothèse).

La puissance souscrite par les consommateurs est une donnée clé qui n’est généralement pas accessible pour des raisons de protection des données. Une hypothèse est donc prise dans l’exemple en fonction de la typologie des bâtiments et de leur surface. De la même manière la localisation précise et la puissance des producteurs existants n’est pas fournie. Pour aller plus loin sur les données, voir l’article rédigé à cet effet Données et diagnostic.

Chaque branche est représentée dans le graphe ci-dessous par une courbe représentant l’évolution de la variation de tension entre le poste et son extrémité. Avant l’arrivée des producteurs, les chutes de tension sont les plus importantes sur les branches les plus longues (2321 et 2322). 

Carte et plan de tension.pngIllustration montrant les plans de tension liés au réseau dont l’arborescence autour du poste (rond noir) est présentée à gauche (les valeurs sont des variations physiques de tension par rapport à la tension nominale) : en haut, le plan de tension avant l’arrivée des producteurs, en bas après leur arrivée (localisés sur la carte et rectangles noirs sur les graphiques). Source : Hespul.

Ci-contre, deux producteurs sont raccordés : 5,2kVA sur la branche 2221 et 4,6kVA sur la branche kVA. Ces valeurs correspondent à un dimensionnement de 90% de la puissance de l’onduleur par rapport au potentiel maximal de la toiture en kilowatt-crête. Ces deux producteurs ont une puissance inférieure à 6kVA et sont raccordés en monophasé.

La capacité d’accueil peut être fortement réduite par un producteur monophasé en bout de ligne

L’exemple fourni permettre d’observer les phénomènes suivants :

  • Les branches où il n’y a pas d’installation de production (11, 12, 13, 21) sont très peu affectées par l’arrivée des deux producteurs : la différence de variation de tension entre le cas sans producteur et le cas avec producteur est inférieure à 0,5%.
  • Le raccordement des deux producteurs a un effet majeur sur les variations de tension de leur branche respective, en particulier sur la branche la plus longue :
    • les chutes de tension passent d’environ -2% à 0% en bout de ligne sur la branche la plus courte 2221 et d’environ -2% à -1% pour les branches liées 221 et 2222.
    • les chutes de tension passent d’environ -6,5% à -2,5% pour la branche la plus longue 2322 et d’environ -5,5% à -3% sur la branche liée 2321.

L’injection de production en un nœud a donc un effet majeur sur la branche où il est situé et un effet bien moindre sur la tension des nœuds sur les autres branches.

Dans l’exemple donné ici, le plan de tension représenté tient compte du fait que le producteur n’injecte que sur une phase, mais il suppose que le réseau était équilibré avant l’arrivée des producteurs, c’est-à-dire que l’on suppose que les consommateurs soutirent une puissance équivalente sur chaque phase — voir la partie Déséquilibre entre phases dans l’article sur les Principes physiques de l’intégration au réseau. Il s’agit d’une approximation importante et qui est fausse lorsque les réseaux comportent peu de consommateurs. Avec l’arrivée des compteurs communicants et les campagnes de mesures ponctuelles, la connaissance du déséquilibre réel tend à s’améliorer et permettra de mieux comprendre les phénomènes induits par des soutirages ou des injections en monophasé.

 

Suivant l’ordre dans lequel les producteurs sont raccordés sur un poste, la capacité d’accueil de ce dernier ne sera pas du tout la même

A réseau constant, une même puissance totale de production génèrera des plans de tension très différents selon la manière dont cette puissance est répartit sur ce départ. Autrement dit, selon que l’on raccorde d’abord 30kW sur un hangar agricole à 200 mètres du poste puis 20kW sur le toit de l’école à 50 mètres du poste, ou 30kW sur le toit de la salle polyvalente à 30 mètres du poste et 20kW sur le toit de la mairie situé à 20 mètres du poste, la tension au compteur de la boulangerie à 40 mètres du poste ne sera pas la même.

Le problème se pose souvent en sens inverse : si l’élévation de tension maximale est fixé, quelles combinaisons d’installations de production sont possibles pour le même réseau ?  

Impact de la localisation des producteurs.pngIllustration de l’impact de la localisation des producteurs sur le plan de tension (en bleu sans production, en rouge avec production). Le réseau est initialement composé de 5 nœuds qui soutire chacun 10kW. 2 producteurs de 60kW raccordés en différents points génèrent une élévation de tension très différente : dans le cas à gauche, le raccordement d’un producteur en bout de ligne peut fortement limité le raccordement d’un producteur près du poste ; dans le cas de droite, la même puissance de production raccordée près du poste génère un plan de tension très différent. Source : Hespul.
Article précédent Définition et enjeux
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Contrainte d'architecture réseau et de courant

La capacité d’accueil peut être limitée par la nature et la section des câbles ou par la puissance nominale du transformateur

Tout comme les contraintes de tension, les câbles imposent des limites d’intensité admissible, pour éviter l’échauffement du câble. Il est rare d’atteindre ces limites avant d’atteindre une contrainte de tension, mais cela est possible sur des très courtes longueurs.

De même, raccorder une installation de production de 100 kW sur un poste de distribution de 50 kVA est impossible du point de vue de la contrainte de courant.

La capacité d’accueil peut être limitée par le nombre de départs dans le poste

Schéma unifilaire d'un poste.pngSchéma unifilaire d’un Poste au sol simplifié raccordé au réseau HTA en antenne (PSSA). Dans le tableau BT, on peut voir le nombre de départs maximum : 4. Source : Guide Séquelec.

Les installations basse tension de puissance supérieure à 120kVA, qu’elles soient en consommation ou en production, doivent être raccordées par un départ dédié au poste de distribution. Un départ dédié est une ligne physique où le consommateur ou le producteur est le seul à être raccordé.

Les postes de distribution sont limités en nombre de départs par leur conception. Par exemple, les petits postes en haut de poteau sont limités à 2 départs. Les postes urbains au sol comporte 4 à 8 départs selon les typologies.

Si le nombre de départs maximal est atteint dans un poste, il ne sera pas possible de raccorder à ce réseau une installation de production de puissance supérieure à 120kVA même si elle ne générait pas de contraintes de courant ni de tension.

Dernière Mise à jour : 07/10/2019

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